# Pourquoi la médecine chinoise dit-elle "la même maladie se traite différemment" ? Le zheng (syndrome) est le "rapport de diagnostic complet" du corps

Une question

Avez-vous remarqué que, deux personnes ont toutes les deux un rhume, l'une va mieux avec une tisane de gingembre, l'autre va plus mal avec une tisane de gingembre ? Avez-vous observé que, vous et votre ami avez tous les deux "l'insomnie", vous prenez des somnifères et ça marche, elle prend des somnifères et ça ne marche pas — vous demandez : "Pourquoi la même maladie se traite différemment ?"

Plus surprenant encore, la médecine chinoise dit "le rhume se divise en froid-vent (feng han), chaleur-vent (feng re), humidité-chaleur estivale (shu shi)", vous demandez : "Ce n'est pas tous des virus ?" La médecine occidentale dit "l'insomnie se divise en difficulté d'endormissement, difficulté de maintien du sommeil, réveil précoce", la médecine chinoise dit "l'insomnie se divise en insuffisance du cœur et de la rate (xin pi liang xu), feu du foie avec stagnation (gan yu hua huo), déséquilibre du cœur et du rein (xin shen bu jiao)" — les deux discours, qui est plus précis ?

Une autre question : vous demandez à la médecine occidentale : "Qu'est-ce que j'ai ?" La médecine occidentale dit "gastrite". Vous demandez à la médecine chinoise, la médecine chinoise dit "syndrome de l'insuffisance du froid de la rate et de l'estomac (pi wei xu han zheng)" — vous demandez : "Qu'est-ce que le zheng ? Pourquoi ce n'est pas une maladie ?"

Qu'est-ce que le zheng (xiang, image/pattern) ?

Explication traditionnelle chinoise

Le concept de "xiang" (image / zheng) est le cœur du diagnostic de la médecine chinoise. Le Nei Jing dit : "Ce qui est à l'intérieur doit se manifester à l'extérieur" — les changements pathologiques à l'intérieur du corps se manifestent nécessairement à l'extérieur. La médecine chinoise ne regarde pas le nom de la maladie, elle regarde le "zheng xiang" (pattern/syndrome) — un jugement synthétique des symptômes, des signes, de la langue et du pouls.

Les anciens observaient : la même maladie (par exemple le rhume), les différentes personnes ont des manifestations différentes. Certaines ont froid, écoulement nasal clair, revêtement lingual blanc ; certaines ont de la fièvre, mal de gorge, expectoration jaune ; certaines ont des vertiges, oppression thoracique, nausées. Le même nom de maladie, différents "zheng xiang" — les traitements sont complètement différents.

Zheng xiang = symptômes + signes + aspect de la langue + pouls. Ce n'est pas un seul indicateur, c'est un jugement synthétique. Comme un détective qui résout une affaire, il faut collecter plusieurs indices : empreintes digitales sur la scène, témoignages de témoins, vidéos de surveillance — combinés pour identifier le suspect.

Bian zheng à travers les huit principes (ba gang bian zheng) — yin yang, biao li, han re, xu shi. C'est le cadre de diagnostic le plus fondamental de la médecine chinoise.

Yin yang : principe général. Syndrome yang = excitation, chaleur, plénitude ; syndrome yin = inhibition, froid, vide.

Biao li : localisation de la maladie. Syndrome biao (extérieur) = pathogène extérieur à la surface du corps (début du rhume) ; syndrome li (intérieur) = pathogène pénétrant dans les organes internes (pneumonie, gastrite).

Han re : nature de la maladie. Syndrome han (froid) = aversion au froid, préférence pour la chaleur, revêtement lingual blanc ; syndrome re (chaleur) = fièvre, préférence pour le frais, revêtement lingual jaune.

Xu shi : tendance de la maladie. Syndrome xu (vide) = insuffisance fonctionnelle (fatigue, essoufflement, transpiration spontanée) ; syndrome shi (plein) = pathogène excessif (douleur, distension, constipation).

Par exemple : le rhume. C'est la même "infection virale des voies respiratoires supérieures" (nom de la maladie en médecine occidentale), la médecine chinoise le divise en :

• Syndrome froid-vent (feng han) : aversion au froid, pas de sueur, écoulement nasal clair, revêtement lingual blanc, pouls flottant et serré (fu jin) — principe de traitement : libérer la surface avec des substances piquantes et chaudes (xin wen jie biao, tisane de gingembre, décoction d'éphédra).

• Syndrome chaleur-vent (feng re) : fièvre, sueur, mal de gorge, expectoration jaune, revêtement lingual jaune, pouls flottant et rapide (fu shu) — principe de traitement : libérer la surface avec des substances piquantes et fraîches (xin liang jie biao, poudre d'argent et de forsythia, boisson de chrysanthème et de mûrier).

• Syndrome humidité-chaleur estivale (shu shi) : vertiges, oppression thoracique, nausées, lourdeur corporelle, revêtement lingual gras — principe de traitement : éliminer l'humidité-chaleur estivale (xin jia xiang ru yin).

La même maladie, trois "zheng xiang", trois traitements. C'est tong bing yi zhi (traiter la même maladie différemment) — la logique centrale de la médecine chinoise.

Inversement, des personnes différentes, des maladies différentes, mais le même "zheng xiang", peuvent utiliser la même prescription. Par exemple : gastroptose, prolapsus utérin, prolapsus rectal — trois maladies différentes (médecine occidentale), mais la médecine chinoise considère que ce sont tous des "syndromes de l'affaissement du qi central (zhong qi xia xian zheng)" (insuffisance du qi de la rate, impuissance à soulever), tous utilisent la "décoction pour renforcer le qi du milieu (bu zhong yi qi tang)". C'est yi bing tong zhi (traiter différentes maladies de la même manière).

Ainsi, quand les anciens parlaient de "xiang", ce n'était pas seulement "symptôme", mais un "instantané de santé" d'un ensemble d'informations synthétiques — déterminant les principes et les méthodes de traitement. Le zheng xiang est le "code central" du diagnostic de la médecine chinoise.

Bien, maintenant, traduisons "xiang" en langage moderne.

Je ne vais pas parler de la zheng hou xue (science des syndromes), de la génomique, de la métabolomique. Trop complexe. Vous n'avez qu'à retenir une métaphore :

C'est aussi simple que ça. "Xiang", c'est essentiellement un portrait synthétique des caractéristiques physiopathologiques — comme un rapport d'examen médical, ce n'est pas un seul indicateur qu'on regarde, c'est un jugement synthétique.

Plus précisément :

"Le rhume froid-vent" correspond à quoi ? Cela correspond à l'état de bas métabolisme au début de l'infection virale. Le pathogène extérieur (virus) envahit la surface du corps, le système immunitaire démarre une réaction précoce, mais la réponse inflammatoire n'est pas encore pleinement activée. Les vaisseaux périphériques se resserrent (aversion au froid), les glandes sudoripares sont inhibées (pas de sueur), la sécrétion des muqueuses nasales augmente (écoulement nasal clair). Cela correspond à la description de la médecine chinoise du "froid-vent" — le froid domine le resserrement, les pores sont fermés, les pores se ferment.

"Le rhume chaleur-vent" correspond à quoi ? Cela correspond à la phase de réaction inflammatoire après l'infection virale. Le système immunitaire est activé, les médiateurs inflammatoires sont libérés (IL-1, IL-6, TNF-α), le centre de régulation de la température est augmenté (fièvre), les vaisseaux sont dilatés (sueur), les muqueuses sont enflammées (mal de gorge, expectoration jaune). Cela correspond à la description de la médecine chinoise du "chaleur-vent" — la chaleur domine la dispersion, les pores sont ouverts, réaction inflammatoire.

"L'insuffisance du froid de la rate et de l'estomac" correspond à quoi ? Cela correspond à la diminution de la fonction digestive + l'augmentation du tonus du nerf vague. L'atrophie de la muqueuse gastrique, la diminution de la sécrétion d'acide gastrique, le ralentissement du péristaltisme gastro-intestinal ("froid"), la diminution globale de la fonction digestive ("vide"). L'augmentation du tonus du nerf vague entraîne une augmentation de la sécrétion gastro-intestinale mais une insuffisance de la motricité, apparaissant une distension abdominale et des selles molles. Cela correspond à la description de la médecine chinoise de l'"insuffisance du froid de la rate et de l'estomac" — la rate gouverne la transformation, l'insuffisance du froid entraîne une impuissance à transformer.

"Le stagnation du qi du foie (gan yu qi zhi)" correspond à quoi ? Cela correspond au déséquilibre du système nerveux autonome + au spasme des muscles lisses. Le stress émotionnel chronique, le déséquilibre entre le système nerveux sympathique et parasympathique, entraînant le spasme des muscles lisses (douleur dans les hypochondres, oppression thoracique, distension gastrique), en même temps, le dysfonctionnement du centre de régulation émotionnelle (amygdale, cortex préfrontal). Cela correspond à la description de la médecine chinoise du "stagnation du qi du foie" — le foie gouverne l'expansion, la stagnation du qi entraîne un déséquilibre émotionnel et un blocage du qi.

Ainsi, "xiang" n'est pas de la métaphysique. C'est un "portrait synthétique" de l'état physiopathologique — les anciens le dépeignaient avec des groupes de symptômes + langue et pouls, les modernes le dépeignent avec des groupes de symptômes + biomarqueurs + imagerie — la logique centrale est la même : ce n'est pas le nom de la maladie qu'on regarde, c'est l'état.

Cas de vie

Quatre histoires, pour vous faire comprendre instantanément ce qu'est "xiang".

Cas un : le rhume froid-vent (état de bas métabolisme).

Vous vous êtes fait mouiller par la pluie, vous rentrez chez vous, vous commencez à avoir froid, à éternuer, à avoir un écoulement nasal clair, vous vous couvrez avec deux couvertures et vous tremblez encore. Vous prenez votre température, 37,8°C, ce n'est pas une forte fièvre. Vous buvez une tisane de gingembre, vous suiez abondamment, vous allez mieux. Vous demandez : "Pourquoi la tisane de gingembre marche-t-elle pour moi ?"

Vérité : c'est le début de l'infection virale, le système immunitaire vient de commencer à réagir. Les vaisseaux périphériques se resserrent (aversion au froid), les glandes sudoripares se ferment (pas de sueur), la sécrétion des muqueuses nasales augmente (écoulement nasal clair). Le corps est dans un état de "bas métabolisme + resserrement des vaisseaux". Le gingérol dans la tisane de gingembre favorise la circulation sanguine, fait suer et libère la surface, aide le corps à se réchauffer, à ouvrir les pores, à expulser le pathogène. Ce n'est pas "le gingembre qui tue les bactéries", c'est la tisane de gingembre qui aide le corps à ajuster son état. La médecine chinoise dit "syndrome froid-vent, libérer la surface avec des substances piquantes et chaudes" — décrivant avec précision l'envahissement du pathogène extérieur dans l'état de bas métabolisme. Mais ce "xiang" de "froid-vent" détermine l'utilisation de la tisane de gingembre plutôt que de l'isatis.

Cas deux : le rhume chaleur-vent (réaction inflammatoire).

Votre collègue a aussi un rhume, mais ses symptômes sont complètement différents : forte fièvre à 39°C, mal de gorge comme avaler une lame de rasoir, expectoration jaune qui ne sort pas, soif envie de boire de l'eau fraîche. Il boit de la tisane de gingembre, il se sent plus mal. La médecine chinoise dit "syndrome chaleur-vent, libérer la surface avec des substances piquantes et fraîches", utilise la poudre d'argent et de forsythia. Vous demandez : "Pourquoi, c'est le même rhume, il ne peut pas boire de tisane de gingembre ?"

Vérité : c'est la phase de réaction inflammatoire après l'infection virale. Le système immunitaire est pleinement activé, une grande quantité de médiateurs inflammatoires est libérée, le centre de régulation de la température est augmenté (forte fièvre), les vaisseaux sont dilatés (visage rouge), les muqueuses sont enflammées (mal de gorge, expectoration jaune). Le corps est dans un état de "haut métabolisme + réaction inflammatoire". La tisane de gingembre est de nature chaude, elle favorise la chaleur interne, aggrave l'inflammation. Le chèvrefeuille et le forsythia dans la poudre d'argent et de forsythia ont des effets anti-inflammatoires et antiviraux, aident à réduire la réaction inflammatoire. Ce n'est pas "la tisane de gingembre qui est mauvaise", c'est la tisane de gingembre qui est utilisée pour le mauvais "xiang". La médecine chinoise dit "syndrome chaleur-vent, éviter les substances piquantes et chaudes" — décrivant avec précision la logique du tong bing yi zhi.

Cas trois : l'insuffisance du froid de la rate et de l'estomac (diminution de la fonction digestive).

Vous avez des douleurs gastriques chroniques avec froid, vous avez la diarrhée dès que vous mangez quelque chose de frais, les selles sont molles, vous aimez boire la bouillie chaude, l'abdomen est froid au toucher. La médecine occidentale dit "gastrite chronique", la médecine chinoise dit "syndrome d'insuffisance du froid de la rate et de l'estomac", utilise le Li Zhong Wan (pilule pour réguler le milieu). Vous demandez : "Pourquoi pas des anti-inflammatoires ?"

Vérité : c'est la diminution de la fonction de la muqueuse gastrique + l'augmentation du tonus du nerf vague. La sécrétion d'acide gastrique diminue, la motricité gastrique est insuffisante, l'activité des enzymes digestives baisse — la fonction digestive globale "diminue" (vide). Le tonus élevé du nerf vague entraîne une augmentation de la sécrétion gastro-intestinale mais une insuffisance de la motricité, apparaissant une distension abdominale et des selles molles. Les anti-inflammatoires (ciblant l'inflammation) sont inefficaces dans ce cas, parce que le problème principal n'est pas l'inflammation, c'est la diminution de la fonction. Le gingembre sec dans le Li Zhong Wan réchauffe le centre et dissipe le froid, le ginseng tonifie le qi et fortifie la rate — aide à récupérer la fonction digestive. Ce n'est pas "la gastrite qui nécessite des anti-inflammatoires", c'est il faut regarder le "xiang" — l'insuffisance du froid nécessite le réchauffement et le tonifiant. Mais ce "xiang" de "l'insuffisance du froid de la rate et de l'estomac" détermine l'utilisation du Li Zhong Wan plutôt que des antibiotiques.

Cas quatre : le stagnation du qi du foie (déséquilibre du système nerveux autonome).

Vous avez une forte pression au travail, vous avez souvent une oppression thoracique, des douleurs dans les hypochondres, des soupirs, des fluctuations émotionnelles, une distension gastrique qui vous empêche de manger. Examen de la médecine occidentale : l'électrocardiogramme est normal, l'endoscopie est normale, la fonction hépatique est normale. La médecine occidentale dit "dyspepsie fonctionnelle, probablement l'anxiété". La médecine chinoise dit "syndrome de stagnation du qi du foie", utilise le Chai Hu Shu Gan San (poudre de bupleur pour libérer le foie). Vous demandez : "Les examens sont normaux, pourquoi y a-t-il encore des symptômes ?"

Vérité : c'est le déséquilibre du système nerveux autonome. Le stress émotionnel chronique, l'excitation continue du système nerveux sympathique, entraînant le spasme des muscles lisses (oppression thoracique, douleurs dans les hypochondres, distension gastrique), en même temps, le déséquilibre du centre de régulation émotionnelle (amygdale suractive, fonction du cortex préfrontal diminuée). Les examens de la médecine occidentale sont normaux, parce que la structure n'a pas de problème, c'est un problème de fonction. La médecine chinoise ne regarde pas la structure, elle regarde le "xiang" — la stagnation du qi du foie, c'est le blocage fonctionnel du qi. Le Chai Hu Shu Gan San aide à réguler le qi, à soulager le spasme. Ce n'est pas "les examens normaux signifient pas de maladie", c'est les problèmes fonctionnels, il faut regarder le "xiang". Mais ce "xiang" de "stagnation du qi du foie" résume avec précision le syndrome psycho-somatique causé par le stress.

Quatre cas, une logique sous-jacente : le zheng est "le rapport de diagnostic complet" — ce n'est pas le nom de la maladie qu'on regarde, c'est l'état.

Recherches modernes

"Xiang" a-t-il des études scientifiques ?

Oui, et il est en développement rapide. Les scientifiques n'utilisent pas le mot "zheng xiang", ils utilisent :

Zheng hou et génomique. Les recherches ont découvert que les patients avec différents "zheng xiang" ont des profils d'expression génique différents. Par exemple : les patients avec un syndrome "han" (froid), l'expression des gènes liés à la fonction mitochondriale est diminuée (métabolisme énergétique bas) ; les patients avec un syndrome "re" (chaleur), l'expression des gènes liés à l'inflammation est augmentée. Le zheng xiang a une base biologique.

Zheng hou et métabolomique. Grâce à l'analyse des métabolites dans le sang et l'urine, on a découvert que différents zheng ont des empreintes métaboliques caractéristiques. Par exemple : les patients avec un syndrome "pi xu" (insuffisance de la rate), le métabolisme des acides gras à chaîne courte est anormal ; les patients avec un syndrome "shen yang xu" (insuffisance du yang du rein), le métabolisme des lipides et le métabolisme énergétique sont déséquilibrés. Le zheng xiang a une base métabolique.

Médecine personnalisée et médecine de précision. La médecine moderne met de plus en plus l'accent sur le "tong bing yi zhi" — le même cancer, différentes mutations géniques, utilisent des médicaments ciblés différents. La même hypertension, mécanismes différents, utilisent des antihypertenseurs différents. Cela correspond parfaitement à la logique centrale de la médecine chinoise "bian zheng lun zhi (diagnostic et traitement basé sur le zheng)" — ce n'est pas le nom de la maladie qu'on regarde, c'est l'état.

Méthodes pratiques

Ayant compris "xiang", comment l'utiliser ?

D'abord, démystifions quelques idées reçues :

"La médecine chinoise n'est pas scientifique, parce qu'elle ne regarde pas les rapports d'examen". La médecine chinoise regarde le "zheng", ce n'est pas qu'elle ne regarde pas les examens, c'est qu'elle regarde la synthèse des examens + symptômes + signes + langue et pouls. La médecine moderne met aussi de plus en plus l'accent sur le "jugement synthétique" — un seul indicateur ne peut pas déterminer le traitement. Ce n'est pas "la médecine chinoise ne regarde pas les examens", c'est la médecine chinoise regarde l'état synthétique, pas un seul indicateur.

"Se diagnostiquer soi-même le 'zheng', acheter des médicaments". Il y a beaucoup de tests "auto-diagnostic du zheng" en ligne, après le test, on achète des médicaments soi-même. Mais le jugement du zheng nécessite une formation professionnelle, l'auto-diagnostic est facile à mal juger. Par exemple : "la bouche sèche" peut être du yin xu (insuffisance du yin), ou de l'humidité-chaleur (shi re) — les traitements sont opposés. Ce n'est pas "les symptômes correspondent à une catégorie", c'est le zheng nécessite un jugement professionnel.

Méthodes concrètes :

Notez les groupes de symptômes (pas seulement un symptôme). Ne notez pas seulement "j'ai un rhume", notez : aversion au froid ou aversion à la chaleur ? Sueur ou pas de sueur ? Expectorations blanches ou jaunes ? Soif ou pas soif ? Revêtement lingual blanc ou jaune ? Un groupe de symptômes constitue un "zheng".

Faites attention aux changements de l'aspect de la langue (indicateur important du zheng). Revêtement lingual blanc = froid / humidité ; revêtement lingual jaune = chaleur ; revêtement lingual gras = humidité ; revêtement lingual mince = yin xu (insuffisance du yin). Bords de la langue rouges = chaleur du foie ; fissures au centre de la langue = insuffisance du yin de l'estomac. L'aspect de la langue est une fenêtre intuitive du "zheng", observez chaque matin en vous réveillant.

Auto-examen du pouls (jugement simple du froid, de la chaleur, du vide, du plein). Pouls flottant (fu) = maladie à la surface ; pouls profond (chen) = maladie à l'intérieur. Pouls rapide (shu) = syndrome de chaleur ; pouls lent (chi) = syndrome de froid. Pouls fort (you li) = syndrome de plein ; pouls faible (wu li) = syndrome de vide. Bien que le diagnostic précis du pouls nécessite une formation professionnelle, le froid, la chaleur, le vide, le plein de base peuvent être auto-testés.

Observez l'association avec les émotions (le corps et l'esprit sont un). Après les fluctuations émotionnelles, les symptômes s'aggravent-ils ? Distension gastrique après la colère = déséquilibre du foie et de l'estomac ; insomnie après l'anxiété = insuffisance du cœur et de la rate ; fatigue après la dépression = insuffisance du qi. L'association entre les émotions et les symptômes est un indice important du "zheng".

Combinez avec le jugement des saisons (l'homme et le ciel ne font qu'un). En été, il est facile d'avoir "l'humidité-chaleur estivale" (vertiges, oppression thoracique, nausées) ; en hiver, il est facile d'avoir "le froid-vent" (aversion au froid, pas de sueur, écoulement nasal clair) ; au printemps, il est facile d'avoir "le stagnation du foie" (fluctuations émotionnelles, douleurs dans les hypochondres) ; en automne, il est facile d'avoir "la sécheresse du poumon" (toux sèche, bouche sèche). La saison est un facteur de fond du "zheng".

Ces méthodes ne nécessitent pas que vous deveniez un médecin chinois. Vous n'avez qu'à comprendre : le zheng est "le rapport de diagnostic complet" — noter les groupes de symptômes, observer l'aspect de la langue, ressentir les émotions, c'est collecter vos propres "données de santé".

Résumé en une minute

🕐 Une minute pour comprendre "xiang"

Xiang = le rapport de diagnostic complet du corps + l'instantané de santé.

La médecine chinoise ne regarde pas le nom de la maladie, elle regarde le "zheng xiang" — un jugement synthétique des symptômes, des signes, de la langue et du pouls.

Tong bing yi zhi : la même maladie (rhume), différents zheng (froid-vent, chaleur-vent), traitements différents.

Yi bing tong zhi : maladies différentes (gastroptose, prolapsus rectal), même zheng (affaissement du qi central), même traitement.

Xiang = portrait synthétique de l'état physiopathologique.

Bian zheng à travers les huit principes : yin yang (principe général), biao li (localisation de la maladie), han re (nature de la maladie), xu shi (tendance de la maladie).

Idées reçues : la médecine chinoise ne regarde pas les examens, se diagnostiquer soi-même le zheng pour acheter des médicaments.

Méthodes : noter les groupes de symptômes, faire attention à l'aspect de la langue, auto-examen du pouls, observer l'association avec les émotions, combiner avec les saisons.

Les anciens appelaient ça "bian zheng lun zhi", les modernes appellent ça "médecine de précision".

Les noms diffèrent, mais la médecine sait : ce n'est pas le nom de la maladie qu'on regarde, c'est l'état ; ce n'est pas une même prescription pour mille personnes, c'est différent selon les personnes.

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